Stranger Things: Suspicious Minds est le premier roman officiel basé sur la série originale de Netflix, Stranger Things. Écrit par Gwenda Bond, il sert de préquelle à la série. Le roman se concentre sur la mère d'Onze, Terry Ives, et son temps en tant que sujet de test MKUltra. Il a été officiellement publié le 5 février 2019.

Synopsis[modifier | modifier le wikicode]

Situé avant les événements de Stranger Things, ce roman préquelle suit la mère d'Onze et son temps en tant que sujet de test dans le programme MKUltra.

Résumé complet[modifier | modifier le wikicode]

Suspicious Minds a lieu en 1969, avant l'histoire du Démogorgon et du Flagelleur Mental à Hawkins. Le livre est une préquelle officielle de Stranger Things et raconte l'histoire du docteur Martin Brenner et les secrets derrière le gouvernement plus sombre. Les livres mettent en lumière des questions sans réponse: les origines d'Onze, les autres numéros, MK Ultra, le Laboratoire National d'Hawkins et l'histoire de Terry Ives et de son bébé Jane Ives (Onze).

Prologue[modifier | modifier le wikicode]

Juillet 1969; Laboratoire National d'Hawkins; Hawkins, Indiana[modifier | modifier le wikicode]

Au volant d’une voiture d’un noir immaculé, l’homme suivait les méandres d’une route aussi plate que tout le reste de l’Indiana. Il ralentit en arrivant devant un portail grillagé orné d’un panneau « Accès réglementé ». Le garde en faction lui jeta un très bref coup d’œil par la vitre avant de contrôler sa plaque d’immatriculation et de l’autoriser à passer d’un simple geste de la main.

Le personnel du laboratoire attendait de toute évidence son arrivée. Peut-être même auraient-ils déjà réorganisé les lieux à sa convenance, conformément aux instructions qu’il leur avait fait parvenir à l’avance…

Quand il atteignit le poste de contrôle suivant, il baissa sa vitre d’un tour de manivelle pour présenter ses papiers au soldat qui faisait office d’agent de sécurité. Le militaire lui prit son permis en évitant soigneusement de croiser son regard – une constante chez la plupart de ses interlocuteurs.

Lui accordait au contraire une attention considérable à tous ceux qu’il rencontrait pour la première fois – au début, en tout cas. Car en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, il les avait déjà évalués et catalogués : sexe, taille, poids et origine ethnique – d’où il tirait une première estimation de leur intelligence et, plus important encore, de leur potentiel. Une fois ce dernier diagnostic établi, la quasi-totalité des cobayes perdait presque tout intérêt à ses yeux. Mais l’homme gardait toujours espoir. D’autant que l’observation et l’analyse – une part essentielle de son travail – s’apparentaient chez lui à une seconde nature. Et si la majorité des individus ne présentaient aucune valeur à ses yeux, les rares exceptions à la règle étaient, tout simplement, la raison même de sa présence en ces lieux.

Le garde campé en face de lui n’était pas difficile à jauger : sexe masculin, près d’1 m 75, 80 kg, de type européen, intelligence plutôt moyenne, et potentiel… déjà satisfait par les huit heures par jour qu’il passait assis dans sa guérite à contrôler l’identité des visiteurs, son arme de poing sagement rangée dans la gaine à sa hanche. Son regard faisait la navette entre le nouvel arrivant et le rectangle plastifié qu’il tenait encore à la main.

— Bienvenue, monsieur Brenner, finit-il par dire. On nous a avertis de votre arrivée.

Amusant, quand on y songeait : sur le permis en question figuraient justement la plupart des informations-clés que recherchait toujours Martin Brenner quand il procédait à une évaluation. Sexe masculin, 1 m 85, 90 kg, de type européen. Quant au reste : un QI de génie et un potentiel… illimité.

— C’est « docteur » Brenner, rectifia-t-il, mais sans la moindre animosité.

La sentinelle, qui refusait obstinément de regarder son interlocuteur en face, posa des yeux toujours aussi soupçonneux sur la banquette arrière de la voiture, où le sujet Huit, cinq ans, dormait roulé en boule contre la portière, ses deux petits poings serrés sous son menton. Le nouveau directeur du centre avait préféré superviser son transfert en personne.

— Docteur Brenner, bien sûr, pardon ! répondit le soldat. Et cette gamine, là, c’est votre fille ?

Une pointe de scepticisme perçait dans cette question. D’un brun profond, le teint de Huit jurait avec celui, pâle et laiteux, du médecin. Ce qui ne voulait rien dire, aurait-il pu expliquer… Sauf que cette information, confidentielle, ne regardait pas le militaire – qui, d’ailleurs, avait vu juste : Brenner n’avait pas d’enfant. Il faisait certes régulièrement office de figure paternelle, mais rien de plus.

Amusé, il observa le garde de plus près. Un soldat, donc, vétéran d’un conflit ancien, d’une guerre déjà remportée – contrairement à celle du Viêt Nam, ou à la guerre froide qui opposait toujours le pays aux Soviétiques. Ce que cet homme ignorait, c’est qu’au-delà des champs de bataille, les États-Unis étaient aussi engagés dans un combat parallèle d’un autre genre, un affrontement décisif dont l’enjeu n’était autre que l’avenir du pays…

— Je ne voudrais pas faire patienter mon équipe trop longtemps, répliqua le médecin sur un ton toujours aussi cordial. Et, à votre place, je ne poserais pas trop de questions à l’arrivée des autres cobayes. Ce projet est hautement confidentiel.

Aussitôt rembruni, le garde ne fit toutefois aucun commentaire. Son regard alla se poser sur les étages supérieurs du vaste complexe qui s’étendait au-delà du portail.

— Oui, vous êtes attendu. Vous êtes libre de vous garer où vous voulez, allez-y.

Nouvelle précision complètement inutile. Brenner reprit son chemin sans faire de commentaire.

Si une branche quelconque de l’État fédéral avait payé la construction et l’entretien du centre, son aménagement – conforme aux exigences précises du médecin – avait en revanche été financé par d’autres agences gouvernementales, aux agissements plus clandestins. Mais pour rester top secret, un programme de recherche se devait en effet d’adopter la plus grande discrétion. Et pour atteindre l’excellence, il fallait parfois savoir contourner les règles, la CIA ne l’ignorait pas. Leurs homologues russes n’étaient sans doute pas soumis aux mêmes contraintes – mais si leurs ministères n’avaient pas à cacher l’existence de leurs laboratoires, c’était que, dans ce pays, les autorités n’hésitaient pas à faire taire toute opposition. En cet instant même, à des milliers de kilomètres de là, les scientifiques du bloc communiste se livraient à des expériences similaires à celles qu’abritait ce complexe de cinq étages aux façades brunâtres et aux sous-sols tentaculaires. Brenner ne se gênerait pas pour le rappeler à ses subordonnés s’ils perdaient le sens des priorités ou se montraient trop curieux. Leur dévouement devait l’emporter sur tout le reste.

Même lorsqu’il sortit du véhicule pour le contourner, Huit ne se réveilla pas. Il ouvrit lentement la portière arrière, retenant l’enfant afin qu’elle ne s’affale pas sur l’asphalte du parking. Par précaution, il lui avait administré un sédatif pour toute la durée du voyage. La petite était bien trop précieuse pour être confié à un tiers – d’autant que, jusque-là, les aptitudes des autres sujets s’étaient révélées… pour le moins décevantes. Accroupi à côté de la banquette, le médecin secoua doucement sa protégée par l’épaule.

— Huit…

Elle remua la tête, sans pour autant ouvrir les paupières.

— Non, Kali, marmonna-t-elle.

Son vrai nom – elle insistait pour qu’il l’emploie. En temps normal, il ne cédait pas, mais ce jour-là sortait de l’ordinaire…

— Réveille-toi, Kali. Ça y est, on est arrivés. Tu es chez  toi.

Elle cligna des yeux, une soudaine lueur d’espoir au fond des prunelles… Elle l’avait mal compris.

— Ton nouveau chez toi, précisa-t-il.

Le regard de Huit se voila aussitôt. Brenner aida l’enfant à se relever et, de sa main tendue, l’encouragea à sortir du véhicule.

— Tu vas te plaire ici, tu verras. Mais pour l’instant, papa voudrait que tu entres dans le bâtiment en marchant comme une grande. Après, tu pourras reprendre ta sieste.

La fillette ouvrit enfin sa petite main, qu’elle glissa dans la sienne. Quand ils approchèrent de l’entrée principale, Brenner se contraignit à se plaquer sur les lèvres le sourire le plus aimable de son arsenal. Le directeur intérimaire n’était pas le seul à être venu l’accueillir, constata-t-il avec étonnement : dans le hall l’attendait une longue rangée d’hommes en blouse blanche, au milieu desquels se trouvait une seule femme. Les scientifiques de sa nouvelle équipe, sans doute. Tous transpiraient le trac et l’anxiété.

Un médecin à la peau hâlée et au visage ridé par le grand air s’avança. Main tendue, il jeta d’abord un coup d’œil furtif à Huit avant de reporter son attention sur son nouveau supérieur. Les verres de ses lunettes cerclées de métal étaient maculés de traces.

— Docteur Brenner, je suis le Dr Moses, le directeur intérimaire du laboratoire. C’est un grand honneur d’accueillir ici un chercheur de votre calibre… Nous tenions à vous faire rencontrer toute l’équipe dès votre arrivée. Et cette demoiselle est sans doute…

— Kali, lâcha la fillette d’une voix ensommeillée.

— Très fatiguée, et impatiente de découvrir sa nouvelle chambre, intervint Brenner en faisant mine de ne pas voir la main de son collègue. J’ai exigé qu’on l’installe un peu à l’écart des autres, il me semble… Ensuite, j’aimerais rencontrer les cobayes que vous avez sélectionnés.

Dans le hall, il avisa la porte à double battant dont l’accès lui paraissait le plus sécurisé et s’en approcha en compagnie de Huit. Un tel silence les accompagna que le sourire de Brenner se fit presque sincère, mais il disparut bien vite : le médecin aux lunettes poisseuses se précipitait déjà pour les rattraper, et se jeta en travers de leur chemin afin de sonner à l’interphone placé au mur et d’y murmurer son nom. Le groupe de chercheurs, qui s’était rué sur ses talons en un essaim désordonné, bourdonnait à présent de conversations agitées. L’un des deux panneaux s’ouvrit.

— Les participants n’ont pas été préparés, bien sûr, précisa le Dr Moses, qui ne cessait de glisser des coups d’œil furtifs à Kali.

À mesure qu’elle sortait de sa léthargie, la petite fille fixait un regard de plus en plus curieux sur son nouvel environnement. Pas de temps à perdre : il fallait l’installer.

De part et d’autre du couloir qui s’ouvrait derrière les portes se tenaient deux soldats, raides comme des piquets… Un signe encourageant aux yeux de Brenner : au moins, le personnel ne prenait pas à la légère la sécurité du laboratoire. Mais à peine les sentinelles eurent-elles contrôlé le badge du Dr Moses que ce dernier les dispensa d’un geste d’en faire de même pour les nouveaux venus.

— Ils n’ont pas encore d’accréditation, dit-il aux militaires.

Les gardes, qui ne semblaient pas prêts à se satisfaire de cette explication, remontèrent encore d’un cran dans l’estime de Brenner.

— J’aurai mon passe la prochaine fois, leur assura-t-il avant de désigner Huit d’un discret signe de la tête. Et un dossier en règle sera fourni sous peu pour l’enfant.

Les deux hommes capitulèrent, laissant passer le groupe tout entier. Brenner enchaîna aussitôt :

— J’avoue ne pas comprendre : j’avais pourtant bien précisé que je souhaitais rencontrer les nouveaux sujets dès mon arrivée. Ma demande ne devrait pas vous prendre de court…

— Nous pensions que vous vouliez simplement les observer, avoua Moses. Voulez-vous qu’on les prépare – ou qu’on les prévienne tout simplement de votre visite ? Le risque, c’est de perturber le bon déroulement de notre étude : les psychédéliques déclenchent parfois des crises de paranoïa chez certains patients.

Brenner leva sa main libre pour mettre fin aux explications de son interlocuteur.

— Inutile. Si c’était le cas, je vous l’aurais spécifié. Bon, à présent, où va-t-on ?

Les lampes suspendues au plafond du long corridor brillaient de cette sinistre lueur qui, si souvent dans ce monde clandestin, éclairait les avancées de la science. Pour la première fois ce matin-là, le nouveau directeur du laboratoire eut l’impression qu’il pourrait finir par se sentir chez lui dans ce bâtiment.

— C’est par ici, dit le Dr Moses avant de s’adresser à la seule femme de l’équipe de chercheurs. Docteur Parks, pouvez-vous veiller à ce qu’un des aides-soignants apporte un repas à la petite ?

Les lèvres pincées – on lui assignait, comme par hasard, une tâche typiquement féminine –, l’interpellée s’exécuta cependant sans protester.

Au grand soulagement de Brenner, Huit n’avait, jusque-là, pas dit un mot. Le groupe atteignit bientôt une petite chambre meublée d’une table à dessin adaptée à sa taille et d’un lit superposé. Le médecin avait fait commander ce mobilier exprès pour rassurer la fillette et lui montrer qu’il lui cherchait activement des camarades de son âge. Elle remarqua aussitôt ce détail.

— C’est pour un ami ?

— Oui, un jour ou l’autre, lui confirma-t-il. Bon, on va t’apporter à manger. Tu peux attendre un peu ici toute seule ?

Elle hocha la tête. Si l’arrivée lui avait conféré un regain d’énergie, il se dissipait déjà – Brenner n’avait pas lésiné sur la dose de sédatif, il fallait bien le dire – et elle se laissa tomber sur le rebord du matelas. Impatient de repartir, le médecin fit volte-face au moment où la chercheuse réapparaissait, accompagnée d’un aide-soignant.

— Vous êtes sûr qu’elle peut rester seule sans surveillance ? s’inquiéta le Dr Moses, dubitatif.

— Pour l’instant, oui, répondit son supérieur, avant de se tourner vers le nouvel arrivant. Je sais qu’on dirait une simple enfant, mais respectez tout de même les protocoles de sécurité. Elle pourrait vous surprendre… Elle a plus d’un tour dans son sac.

Perplexe, l’aide-soignant se dandina d’un pied sur l’autre mais garda le silence.

— Conduisez-moi à la première salle d’examen, lança ensuite Brenner au Dr Moses. Vous autres, rejoignez vos sujets respectifs, mais inutile de les soumettre à la moindre préparation.

Quand l’ex-directeur vit que tous attendaient qu’il confirme ces instructions, il haussa les épaules d’un air gêné.

— Vous avez entendu le Dr Brenner, allez !

Les scientifiques se dispersèrent aussitôt… Ils commençaient à comprendre.

Dans la première pièce se morfondait un homme que son pied bot rendait inapte au service militaire. Il affichait l’air perpétuellement hagard de ceux qui, pour se couper du monde, optaient pour la marijuana. Banal en tout point.

— Vous voulez qu’on donne un psychotrope au patient suivant ? demanda le Dr Moses, qui ne comprenait décidément rien aux méthodes de son nouveau patron.

— Quand j’aurai besoin de quelque chose, je vous le ferai savoir.

L’homme acquiesça docilement. Ils visitèrent encore cinq autres salles d'examen. Brenner n'y trouva rien de plus de ce qu'il avait escompté : deux femmes, plus quelconques l'une que l'autre, et trois hommes, sans rien d'exceptionnel non plus – sauf, peut-être, leur extraordinaire absence d'aptitudes.

— Rassemblez tout le personnel, j’ai à vous parler, finit-il par ordonner.

Non sans un dernier regard nerveux, le Dr Moses le laissa patienter dans une salle de conférences. Les membres de l’équipe ne tardèrent pas à l’y rejoindre et se répartirent autour de la table. Quelques-uns d’entre eux tentèrent bien de bavarder, comme si les événements de la matinée ne sortaient absolument pas de l’ordinaire, mais l’ex-directeur les fit taire sur-le-champ.

— Nous sommes au complet, annonça-t-il aussitôt.

Brenner prit le temps d’observer son équipe de plus près. Il y aurait du travail pour en faire des collaborateurs dignes de ce nom, néanmoins leur silence attentif lui semblait prometteur. Autorité et peur allaient toujours de pair.

— Vous pouvez congédier tous les sujets d’étude que j’ai rencontrés ce matin, leur annonça-t-il avec dédain. Réglez-leur la somme promise et rappelez-leur les accords de confidentialité qu’ils ont signés.

Le petit groupe mit un peu de temps à digérer la nouvelle. L’un des bavards du début de la séance leva la main.

— Docteur Brenner ?

— Oui ?

— Je m’appelle Chad et je ne suis pas ici depuis très longtemps, mais… Pourquoi cette décision ? Comment allons-nous poursuivre nos expériences ?

— Ah… « Pourquoi ? » est une question qui fait toujours progresser la science. (L’homme marqua son approbation d’un signe de tête.) Il faut cependant bien réfléchir avant de la poser à ses supérieurs. Mais je vais y répondre pour cette fois, car vous devez comprendre les tenants et les aboutissants de notre travail. Quelqu’un a-t-il une idée de ce que nous allons faire ici, tous ensemble ?

Son attitude envers Chad leur avait cloué le bec. L’espace d’un instant, Brenner crut que la chercheuse allait prendre la parole, mais elle se contenta de croiser sagement les mains devant elle.

— Tant mieux… finit-il par dire. Je n’aime pas les devinettes, de toute façon. Nous sommes ici pour repousser les limites des facultés humaines. Et si je ne veux pas de sujets quelconques – de simples Mures musculi, bref, de vulgaires souris de laboratoire –, c’est parce que, avec eux, les résultats que nous obtiendrons n’auront jamais rien d’extraordinaire, justement.

Il balaya la pièce du regard : il avait toute leur attention, à présent.

— Vous avez eu vent, j’en suis sûr, des… obstacles rencontrés par les autres équipes de chercheurs associées au projet. D’ailleurs, votre propre manque de résultats est, à vrai dire, la raison de ma présence ici. Les échecs embarrassants n’ont pas manqué, mais ils proviennent, dans une large majorité, du choix d’individus inappropriés. Ceux qui s’imaginaient que de simples prisonniers, ou des malades mentaux tout juste bons pour l’asile, nous apprendraient quoi que ce soit… ceux-là se voilaient la face. Les réfractaires à l’enrôlement et les camés de service ne valent pas mieux. Je fais transférer ici, en ce moment même, une sélection de jeunes patients issus d’un programme analogue au nôtre, mais j’aimerais disposer d’un échantillon complet de sujets de tous les âges. Nous avons de bonnes raisons de croire que, catalysée par des stimuli adaptés, les associations de molécules psychotropes nous révéleront les secrets dont le pays a tant besoin. Pensez aux atouts, rien qu’en matière de renseignements, dont nous disposerions si nous étions capables d’inciter nos ennemis à avouer ce qu’ils cachent, si nous pouvions les rendre influençables, ou exercer sur eux un contrôle absolu… Mais attention : à défaut de cobayes adéquats, nous n’obtiendrons aucun résultat – c’est aussi simple que ça. Manipuler un esprit faible n’a rien de bien compliqué. Ce qu’il nous faut, ce sont des êtres dotés d’un fort potentiel.

— Mais… où va-t-on les trouver ? demanda Chad.

Brenner nota dans un coin de sa tête qu’il faudrait le renvoyer avant la fin de la journée, puis se pencha vers son auditoire.

— Je vais mettre au point un nouveau protocole de sélection qui nous permettra d’identifier de meilleurs candidats sur les campus universitaires où nous nous fournissons déjà. Ensuite, je procéderai en personne au choix de nos prochains sujets. Votre véritable travail entre ces murs ne fait que débuter…

Personne ne fit la moindre objection. Oui, ils commençaient vraiment à comprendre.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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